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Bien avant les gummies THC les sirops au THC, l’Inde ancienne avait déjà développé sa propre manière de consommer le cannabis par voie orale : le bhang.
Le bhang est une préparation traditionnelle à base de cannabis consommé sous forme alimentaire ou liquide. Il est généralement élaboré à partir de feuilles, et parfois de fleurs de cannabis, finement broyées puis mélangées à différents ingrédients comme :
Le résultat est une boisson ou une pâte épaisse, consommée depuis des siècles dans un cadre rituel, religieux ou festif.
Le bhang n’a jamais été uniquement une préparation récréative. Dans de nombreuses régions de l’Inde, il est associé à des traditions spirituelles anciennes et à des célébrations religieuses.
Il est particulièrement consommé lors de la fête de Holi, où il accompagne les moments de partage, de danse et de célébration. Dans ce contexte, le bhang est perçu comme un élément culturel et symbolique, lié à la joie collective et à la rupture temporaire des codes sociaux habituels.
Dans les traditions anciennes, le cannabis était souvent intégré à des pratiques visant à favoriser la méditation, la détente et certaines expériences de conscience modifiée. Le mélange avec des matières grasses comme le lait ou le ghee n’était pas anodin : il permettait une meilleure assimilation des composés actifs du cannabis par l’organisme.
Le bhang s’inscrit dans une tradition extrêmement ancienne du sous-continent indien, dont les premières traces remonteraient à plus de 3 000 ans avant notre ère. Les historiens situent généralement ses origines au moins autour de 1000 av. J.-C., voire bien avant, dans la continuité des pratiques décrites dans les textes védiques de l’Inde antique. Cette période correspond à l’émergence de traditions religieuses et médicinales où certaines plantes, dont le cannabis, occupaient une place centrale dans les rituels et les préparations consommées sous forme liquide ou alimentaire.
Sans connaissances scientifiques modernes, les traditions indiennes avaient déjà identifié un principe fondamental : le cannabis est plus efficace lorsqu’il est consommé avec des graisses.
Le bhang illustre parfaitement cette compréhension empirique. Les cannabinoïdes étant liposolubles, leur combinaison avec des produits laitiers ou gras permet une absorption digestive progressive, entraînant des effets plus longs et souvent plus puissants que l’inhalation.
Cette approche traditionnelle fait du bhang l’un des premiers exemples connus de préparation alimentaire structurée à base de cannabis.
Au fil des siècles, le bhang s’est inscrit dans un équilibre unique entre usage religieux et consommation populaire.
Dans certains contextes, il est associé à des divinités hindoues et à des récits mythologiques où le cannabis joue un rôle symbolique important. Dans d’autres, il est simplement consommé comme boisson festive lors d’événements sociaux ou religieux.
Cette dualité explique sa longévité exceptionnelle : à la fois boisson rituelle, produit culturel et préparation traditionnelle.

Aujourd’hui, l’héritage du bhang se retrouve dans une nouvelle génération de produits : les edibles THC comme les boissons et sirops infusés au THC.
Le sirop THC moderne reprend un principe fondamental déjà présent dans les traditions indiennes : intégrer les cannabinoïdes dans une base liquide consommable, afin d’obtenir des effets progressifs et durables par voie orale.
Si les techniques ont évolué, la logique reste étonnamment similaire à celle du bhang : transformer le cannabis en une expérience gustative et ingestible, plutôt qu’en simple plante à fumer.